Les bushmen San du Kalahari revendiquent les dividendes de leurs terres
New Xade est une "nouvelle installation", selon la terminologie officielle: un peu plus de 2.O00 bushmen San y vivent depuis leur relocalisation à l'extérieur de la Réserve centrale du Karahari (CKGR), leur terre ancestrale, dans le centre du Botswana.
Quelque 240 d'entre eux ont saisi la justice pour réclamer le droit de retourner vivre où ils sont nés.
Plus qu'un combat pour le maintien d'un mode de vie qui n'est plus, pour une très large part, qu'un vestige du passé, nombre de ces descendants des premiers habitants d'Afrique australe soulignent leur attachement à leurs terres. Et jugent injuste d'être exclus de la manne du tourisme.
Le gouvernement considère que le nouveau mode de vie "d'agriculteurs sédentaires" des bushmen, autrefois fondé sur la cueillette et la chasse à l'arc, est devenu "incompatible" avec la protection de l'environnement et de la vie sauvage dans la réserve. Il a mis en place, depuis la fin des années 90, un programme de relocalisation, moyennant compensation en argent et en bétail.
Une atmosphère paisible mêlée d'un certain désoeuvrement domine dans ce village, de huttes en bois et de petites maisons en dur, posées sur le sable dans un paysage désertique.
A l'entrée du village, à deux heures de piste en voiture de la ville de Ghanzi, le "Cool Way Bar". Le billard, en bonne place, rencontre un succès certain.
Nombre d'habitants de New Xade (par opposition à Old Xade qui se situait dans la réserve), reconnaissent la qualité des aménagements: l'accès à l'eau, une école aux vastes salles de classe, un hôpital imposant.
Mais une préoccupation revient en boucle: le sentiment d'avoir été poussés hors de leur terres pour être tenus à l'écart des développements touristiques à venir.
"Les gens n'ont pas de travail ici", explique Tshixo, 38 ans.
"Les touristes aiment les costumes traditionnels basarwa. Si je les porte, je peux gagner un peu d'argent", lance un vieil homme.
"Le gouvernement ne fait pas preuve de transparence sur l'avenir du CKGR. Nous ne savons rien de se qui va se passer. Ils ne veulent tout simplement pas que nous en bénéficions", estime Salomon Phetolo, 33 ans, employé à Ghanzi par l'organisation locale "Premier peuple du Kalahari" (FPK).
Pourquoi alors, avoir accepté, il y a huit ans, l'offre du gouvernement ?
"Tout le monde partait, j'ai suivi ma famille et les proches, mais je ne l'ai pas fait de gaieté de coeur", répond Dauxlo Xukuri, 46 ans, président de FPK.
"Comme dans toute relocalisation, il y a des problèmes d'adaptation à un nouvel environnement (...) et des poches de résistance", estime Ruth Maphorisa, responsable de district, soulignant que les habitants ont accepté "volontairement" cette relocalisation.
Au niveau national, le gouvernement s'agace des "vieux stéréotypes (...) qui semblent avoir imprégné la culture populaire de certaines parties du monde" et présentent les basarwa (bushmen San du Botswana) "comme une espèce de race exotique vivant de la cueillette et de la chasse dans un splendide isolement à l'écart de tous les autres peuples".
Une réponse indirecte à l'organisation de soutien aux peuples indigènes, Survival International (SI), basée à Londres, qui accuse le gouvernement de chercher à "mettre fin" au mode de vie ancestral des bushmen.
Début août à Johannesburg, Rodolfo Stavenhagen, rapporteur spécial de l'Onu sur les droits des populations autochtones, a appelé au "dialogue", se disant prêt à aller sur place si le gouvernement botswanais en faisait la demande.
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23 Septembre 2005 à 13:07 dans
- Actualité (Français)

