Romandie.com
 
Créer un blog | Noter ce blog | Signaler un abus
 
| Autre blog ? >>  

SOS Bushmen

Tensions dans la réserve du Kalahari autour du sort des bushmen San

La Réserve centrale du Kalahari (CKGR), dans le centre du Botswana, pays semi-désertique de 1,8 million d'habitants, est le théâtre depuis plusieurs semaines de tensions entre les forces de l'ordre et les quelques bushmen San qui y vivent encore.

Descendants des premiers habitants d'Afrique australe, les San sont aujourd'hui environ 100.000, dont la moitié au Botswana. Les autres sont répartis entre l'Angola, la Namibie, l'Afrique du Sud, la Zambie et le Zimbabwe.

 

L'organisation de soutien aux peuples indigènes, Survival International (SI), basée à Londres, affirme que les forces de l'ordre tentent de faire partir les bushmen qui vivent dans la réserve "par la force" et "menacent de les tuer".

Le gouvernement botswanais conteste formellement ces affirmations et dénonce une "campagne malicieuse" de l'organisation britannique. "Aucune politique du gouvernement ne vise à forcer quiconque à quitter la réserve", a déclaré à l'AFP Clifford Maribe, porte-parole du gouvernement.

Il y a une semaine, le ministère de la Faune et des Parcs nationaux a affirmé que "plusieurs policiers" y ont été "agressés" alors qu'ils enquêtaient sur un cas de braconnage.

Au coeur de la polémique: la décision du gouvernement de fermer, depuis le 1er septembre, certaines parties de la réserve en raison d'une "épidémie très contagieuse" constatée sur les chèvres des bushmen et qui risque de se transmettre aux animaux sauvages.

De son côté, SI affirme qu'il ne s'agit que d'un prétexte du gouvernement pour mener à bien, à l'abri des regards, une politique d'expulsion des derniers bushmen présents.

Créée en 1961, la CKGR avait comme objectif de protéger la faune sauvage et de permettre aux quelque 3.000 bushmen qui y vivaient alors de conserver leur mode de vie traditionnel, basé sur la chasse et la cueillette.

Jugeant que ce dernier avait considérablement évolué et était devenu incompatible avec la protection de la vie sauvage, le gouvernement a lancé, au cours des années 90, une opération de relocalisation, moyennant compensation, vers des villages installés à l'extérieur de la réserve.

Le nombre de bushmen vivant aujourd'hui au sein de la CKGR est difficile à évaluer. SI parle de 200 à 250 personnes, le gouvernement de quelques dizaines.

SI affirme que ces expulsions sont en particulier liées à la volonté du gouvernement d'exploiter les diamants au sein de la réserve, ce que les autorités de Gaborone contestent formellement.

Le géant minier De Beers, associé à parts égales avec le gouvernement botswanais dans l'exploitation des diamants du pays, dénonce de son côté une campagne "non seulement trompeuse et cynique mais également malhonnête".

Au sein de la communauté San, et parmi les ONG locales, la démarche de SI est loin de faire l'unanimité.

Début juillet, le Groupe de travail des minorités indigènes d'Afrique australe (WIMSA), qui rassemble une trentaine d'associations représentant les San, a vivement dénoncé les méthodes de l'ONG britannique qui "cherche à donner l'impression qu'elle parle au nom de tous les Bushmen du Kalahari", appelant à un dialogue avec le gouvernement.

Toutes les parties ont désormais les yeux tournées vers la justice botswanaise, saisie d'une plainte de quelque 240 bushmen San qui réclament le droit de retourner vivre sur la réserve.

Le procès, entamé en juillet 2004, vient d'être suspendu jusqu'en février prochain à la demande des plaignants, qui ont réclamé du temps pour recueillir les fonds nécessaires à la poursuite de leur action.

 


Commentaires


Votre commentaires :

Votre commentaire s'affichera après validation du titulaire du blog