Romandie.com
 
Créer un blog | Noter ce blog | Signaler un abus
 
| Autre blog ? >>  

SOS Bushmen

Les Bushmen réclament leurs terres.

Une ethnie ancestrale attaque le gouvernement botswanais en justiceLes Bushmen San, une population indigène du centre du Botswana, ont été expulsés de leurs terres par leur gouvernement. Ce transfert de population cache de gros intérêts financiers et vaut aujourd'hui au gouvernement un procès.Depuis lundi dans la ville de New Xade, ils sont 243 Bushmen San, gardiens du temps et de leurs 20 000 ans d'histoire dans le désert du Kalahari, à attaquer en justice un gouvernement botswanais censé les représenter. Un gouvernement constitutionnellement astreint à « protéger les droits des citoyens à vivre où ils veulent », comme l'a indiqué l'avocat des San, Gordon Bennett, à l'ouverture du procès.

Or depuis 1986, ce gouvernement fait tout pour les déloger de cette réserve naturelle du Kalahari. En 1997, beaucoup d'entre eux furent expulsés de force pour être relogés à l'extérieur du Kalahari. L'autre méthode du gouvernement fut de réduire les territoires de chasse, indispensables à la survie de ces tribus ancestrales qui vivent de la cueillette et de la chasse. Une activité finalement interdite il y a deux ans.

 

Devant le retour inexorable des San sur leurs terres, le gouvernement botswanais a décidé depuis 2002 d'utiliser une méthode à peine plus subtile pour les faire partir : leur couper l'eau. Ainsi en deux ans de nombreuses pompes ont été taries. Les quelques dizaines de San qui résistent dans la réserve ont de moins en moins d'eau et leurs familles qui viennent les visiter ne sont autorisées à entrer que pour de très courtes périodes et ne peuvent leur apporter de la nourriture. Le gouvernement botswanais, lui, affirme cyniquement que « les indigènes doivent simplement profiter des services publics où ils sont », selon les mots d'Éric Molale, un officiel du ministère de l'Intérieur. D'après les autorités, il est devenu trop cher d'assurer ce service public dans des coins aussi reculés... Mais au Botswana et du côté des défenseurs des San, comme l'ONG Survival, personne n'est dupe.

Le Botswana est dépendant de ses diamants

Le Botswana est un des pays africains qui a le mieux réussi son développement économique depuis son indépendance en 1966. La croissance de son PNB était en 2003 de 7,6 %, ce qui en fait un des pays les plus riches d'Afrique. Mais ces bons résultats cachent des perspectives plus alarmantes. Selon les sources communiquées par le gouvernement botswanais, les revenus à l'exportation du pays dépendent à 80 % de l'économie du diamant alors que ce taux n'était que de 40 % au début des années 80. Comme le fait remarquer la CIA sur son site Internet, les prospectives à long terme pour l'économie botswanaise sont donc inquiétantes avec l'épuisement des mines de diamants.

Le gouvernement ne cesse donc depuis 1999 d'accorder des concessions minières aux grandes entreprises d'exploitation comme De Beers ou BHP. Bizarrement, en 2002, quelques mois après les coupures d'eau qui ont chassé les San, des dizaines de concessions ont été accordées en 2002 dans la réserve du Kalahari, une terre riche en diamants. De là à dire que ces populations gênaient le gouvernement et les compagnies minières...

Pourtant, le jugement d'un autre procès a aujourd'hui de quoi encourager les San dans leur lutte : la Cour d'appel suprême d'Afrique du Sud vient en effet d'accorder des droits territoriaux au peuple des Richtersvelders qui vivent sur une terre riche en diamants. Or le système juridique botswanais est similaire à celui de l'Afrique du Sud...

 


Commentaires


Votre commentaires :

Votre commentaire s'affichera après validation du titulaire du blog