Citations Bushmen
Les Bushmen Gana et Gwi témoignent sur les expulsions![]()
(Les citations non signées sont celles de témoins qui préfèrent rester anonymes pour des raisons de sécurité.)
Note : Les expulsions forcées ont débuté en 1997. De nombreuses familles bushmen ont, depuis, tenté de retourner sur leurs terres, mais ont été confrontées à de nombreuses difficultés. Après l'interruption des expulsions, le gouvernement a poursuivi sa politique d'oppression et d'intimidation de la population pour l'amener à partir. Au début de l'année 2002, presque toutes les personnes restées dans la réserve en furent chassées.
‘Je suis très triste. Nous avons été créés par Dieu sur la terre de nos pères et de leurs ancêtres - c'est notre terre ancestral. Le gouvernement nous a traités de manière injuste. On ne nous a pas laissé le choix de rester.'
Molatlhwe Mokakale, 2002
‘C'est notre première expérience de vie hors de la réserve et nous nous sentons comme des poissons tirés hors de la rivière. Le gouvernement connaît très bien notre culture, il sait que nous devons pouvoir communiquer avec nos ancêtres. Nous forcer à quitter le lieu où sont enterrés nos ancêtres, c'est de l'oppression.'
Khumanego Phoethadipuo, 2002
‘Nous ne voulions pas venir ici. Les représentants du gouvernement nous ont dit de partir. Ils ont dit que nous n'aurions pas d'eau si nous restions. La vie ici est très difficile. [Dans la réserve] nous pouvions cueillir des fruits sauvages. Il n'y a rien de tel ici.'
Philatwe Lentodi, 2002
‘Je n'aurais pas pu survivre [à Molapo] parce qu'ils n'ont pas été capables de me donner de l'eau... Je ne voulais pas partir, mais [je suis parti] uniquement parce que j'ai été vaincu et chassé.'
Galotshaba Goitsoimodimo, 2002
‘Nous ne comprenons pas comment nous sommes arrivés ici. Nous ne sommes pas montés de notre plein gré dans le camion. On nous a juste dit de monter dans le camion.'
Gaema, 2002
‘Nous subissons la violence. Nous sommes opprimés. Nous sommes déplacés de force.'
Xhaitshoda Keemetswe, 2002
‘Les gens ont peur. Le gouvernement dit qu'il va nous couper les vivres. Ma sœur s'apprête à partir, mes parents sont psychologiquement atteints par ce qui se passe... Ils disent que l'armée arrive.'
Xlaexlan Gakelekgolele, 2002
‘Ils essaient de nous avoir depuis 1996. Maintenant ils nous coupent l'eau et les vivres pour nous faire partir.'
Mathambo Ngakaeja, 2002
‘Les familles veulent revenir dans la réserve. Le seul problème, c'est l'eau, car lorsque les gens pensent qu'il n'y a pas d'eau là où ils vont, ils changent d'idée. Ils aimeraient vraiment rester dans la réserve, le seul problème, c'est l'eau.'
Bushman, 2001
‘Nous étions à New Xade [camp de relocalisation] et nous sommes revenus. Car nous pensions à ce charbon, le charbon de notre terre ancestrale. Il était notre dispensaire, notre hôpital. Quand nos enfants étaient malades, nous attachions du charbon autour de leur cou et cela les soignait. Nous faisions cela près des sépultures de nos ancêtres.'
‘Les gens du gouvernement continuent à faire pression sur nous pour nous faire partir. Ils ne nous parlent pas, mais ils viennent et recensent les gens pour les reloger ailleurs.'
‘Nous avons eu des problèmes en revenant. La police ne cessait de nous surveiller sur le chemin du retour et ils ont amené la police locale avec eux. Ils continuaient à nous compter, ainsi que nos chèvres et nos ânes.'
‘Des gens sont venus pour nous encourager à partir, et ils nous ont recensés. Ceux qui sont revenus de New Xade et de Kaudwane [les camps de relocalisation] se sentaient comme au fond d'une marmite, pris dans un piège duquel ils ne pouvaient sortir. Quand nous avons essayé de partir, ils nous ont dit : « Vous allez certainement tuer une girafe ou un éland ! ». La vie était dure dans les nouveaux villages.'
Molatlhwe Mokakale, 2001
‘Aucun représentant du gouvernement n'est venu nous dire pourquoi ils voulaient que nous partions. Personne ne nous a consultés. Ils ne savent rien du développement. Ils n'ont qu'à venir ici faire leur développement.'
Jakelakgolele Gaoderekwe, 1999
‘Nous avons été chargés dans des camions avec tous nos animaux domestiques. Ils nous ont volé nos ânes et nos provisions. Ils nous ont dit qu'ils nous rendraient le bétail, mais ils ne l'ont pas fait. On nous a dit d'envoyer nos enfants à l'école, mais ils s'en sont enfuis parce qu'ils étaient battus. C'était difficile de rester là-bas. Une travailleuse sociale est venue nous dire que nous ne recevrions plus de rations mensuelles si nous ne restions pas à New Xade [le camp de relocalisation]. Je lui ai dit : « Je me fiche de votre farine de maïs, je survivrai avec des racines ». Certains de mes parents ont été poignardés à New Xade. Les professeurs battent les enfants. Les fonctionnaires du département de la faune et de la flore et de la police centrale et locale nous ont poursuivis jusqu'à Old Xade quand nous sommes retournés chez nous.'
Kaitsotla Kermetsroe (qui a défié les autorités en retournant sur sa terre), 1999
‘Une vieille femme malade a été chargée dans un camion et elle est morte sur la route de Kaudwane. Nous avons essayé de comprendre pourquoi on l'avait mise à l'arrière du camion avec le tas de bois des huttes démontées. Après la déportation, M. Moeti, le conseiller municipal bushman de Metsiamanong s'est occupé de l'affaire. Lorsque nous l'avons portée à la connaissance de la ministre Nasha [du ministère du gouvernement local qui a organisé les expulsions et la coupure de l'eau] lors d'une réunion à New Xade, elle a très mal pris cette histoire qu'elle a jugée politique et l'a sévèrement critiqué [M. Moeti].'
Dingongoreo Mokweneng, 1999
‘Nous n'avons jamais été consultés depuis le début des expulsions. Ils sont venus en camion nous dire que nous devions êtres déportés. Avant l'expulsion, je n'étais pas à Gope et lorsque j'y suis retourné je me suis rendu compte que ma famille y avait été déportée. On leur avait dit de partir sans leur donner aucune raison.'
Motoiwa Mopogami, 1999
‘Nous ne sommes pas heureux ici et la vie est difficile... Nous devons avoir la possibilité de rentrer librement chez nous sans ennuis. Nous sommes ici comme des prisonniers. Nous sommes traités comme des prisonniers.'
Tshekelo Mogoladijo, 1999
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11 Septembre 2006 à 15:29 dans
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