Journée internationale des peuples indigènes - La préservation de l’environnement est étroitement liée à la survie des peuples indigènes
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09 Août 2009 à 15:44 dans
- Général
Le tourisme chez des peuples indigènes peut "vite devenir dévastateur", souligne Survival International France, appelant notamment à éviter de se rendre dans les îles Andaman (Inde), dans la Réserve du Kalahari central (Botswana) et chez les Papous en Indonésie.
Dans un communiqué reçu mardi, Survival "lance une alerte sur les effets dévastateurs du contact sur des populations isolées et invite les touristes à renoncer à se rendre dans trois régions du monde": en Inde dans le complexe hôtelier de Barefoot dans les îles Andaman, au Botswana dans la Réserve de gibier du Kalahari central, en Indonésie pour des expéditions de "premier contact" chez les Papous.
Barefoot India a construit un complexe hôtelier proche d’une réserve spécialement créée pour protéger les Jarawa des influences extérieures, souligne Survival, estimant que "la présence de touristes à proximité immédiate de cette tribu récemment contactée lui fait courir de graves risques d’infection par le virus de la grippe A et autres maladies contre lesquelles elle a très peu d’immunité".
Dans sa volonté de promouvoir la réserve de gibier du Kalahari central pour la convertir en une destination touristique d’exception, "le gouvernement botswanais autorise une agence de safari à construire au coeur du territoire ancestral des Bushmen des lodges touristiques qui nécessiteront de grandes quantités d’eau alors qu’il empêche ces derniers d’accéder à leur unique puits", ajoute l'ONG.
Les circuits aventure organisés pour rencontrer des peuples isolés de Papouasie pourraient également "avoir des conséquences catastrophiques", poursuit Survival.
"Les touristes responsables devraient renoncer à se rendre dans des régions où vivent des peuples isolés ou récemment contactés", assure Stephen Corry, directeur de Survival International. "Il existe de nombreux exemples de groupes qui, à la suite d'un premier contact, ont perdu plus de la moitié de leurs membres, victimes de maladies contre lesquelles ils n'étaient pas immunisés."
Survival International milite pour la défense de la vie, des terres et de l'avenir des peuples indigènes.
On estime que dans le monde, 370 millions de personnes appartiennent aux peuples autochtones.
Selon les données du département américain de la Justice, les femmes amérindiennes et autochtones de l’Alaska risquent davantage d’être violées ou victimes d’une autre forme d’agression sexuelle que les autres femmes américaines (le rapport est supérieur à 2,5).
D’après une étude de ce même département, 34,1 p. cent des femmes amérindiennes et autochtones de l’Alaska – soit plus d’une sur trois – subiront un viol au cours de leur vie. À titre de comparaison, pour les États-Unis dans leur ensemble, cette proportion est inférieure à une femme sur cinq.
Bien que les statistiques disponibles soient déjà consternantes, on estime qu’elles ne rendent pas compte de l’ampleur exacte des violences sexuelles subies par les femmes autochtones. Pour plus d’informations, consultez le rapport d’Amnesty International intitulé États-Unis. Le labyrinthe de l’injustice: les femmes autochtones sans protection face aux violences sexuelles.
Amnesty International collabore avec des membres des peuples autochtones du monde entier pour faire progresser les lois et les normes permettant de protéger les cultures et les conditions d’existence de ces peuples. La Déclaration sur les droits des peuples autochtones, adoptée en septembre 2007 à l’issue de plus de vingt ans de travail de pression mené par des associations autochtones, constitue l’un des textes les plus importants en la matière.
Elle proclame le droit des peuples autochtones de disposer de véritables moyens de contrôle sur leur existence, de préserver leurs spécificités et identité culturelles, de vivre à l’abri des discriminations et des menaces de génocide, et d’avoir un accès protégé aux terres et aux ressources naturelles qui sont essentielles pour leur bien-être et leur mode de vie.
Amnesty International mène des actions avec des femmes amérindiennes et autochtones de l’Alaska pour que le gouvernement des États-Unis lance, conformément à ses obligations, une étude nationale sur les violences infligées aux femmes autochtones.
Cette étude servira à déterminer l’ampleur de ces violences, ainsi que leurs diverses formes. Elle devra comporter une évaluation des réponses apportées par les autorités fédérales et des États et par les instances tribales et locales face à ces actes de violence, et recensera les obstacles législatifs et juridictionnels auxquels se heurtent les femmes autochtones quand elles tentent d’obtenir justice et réparation.
Les membres d’Amnesty International font campagne pour que les femmes amérindiennes et autochtones de l’Alaska victimes de viol ou d’autres formes de violence sexuelle puissent bénéficier d’examens médicolégaux adaptés, gratuitement et en temps voulu.
Une déclaration de représentants indigènes du monde entier affirme que la « Terre Mère n’en est plus au stade du changement climatique, mais à celui de crise climatique ».
Cette déclaration, dite Déclaration d’Anchorage, a été rendue publique à l’issue de la rencontre, à Anchorage, en Alaska, des peuples indigènes d’Arctique, d’Amérique du Nord, d’Asie, d’Amérique latine, d’Afrique, des Caraïbes et de Russie, au ‘Sommet global des peuples indigènes sur le changement climatique’.
‘La dégradation climatique croissante due au développement non durable soulève notre plus vive inquiétude’ peut-on lire dans le document. « Nous en subissons les impacts disproportionnés sur nos cultures, notre santé et celle de l’environnement, nos droits de l’homme, notre bien-être, nos modes de vie traditionnels, nos modes d’alimentation, notre autosubsistance, les infrastructures locales, notre viabilité économique et notre survie même en tant que peuples indigènes.
‘La Terre Mère n’en est plus au stade du changement climatique, mais à celui de crise climatique. Nous exigeons en conséquence la fin immédiate de la destruction et la désacralisation de nos éléments vitaux’.
La Déclaration mentionne quatorze recommandations, dont la réduction des émissions de gaz à effet de serre; la participation des peuples indigènes au débat sur le changement climatique ; la reconnaissance des droits des peuples indigènes dans le cadre de la ‘Réduction des émissions de carbone dues a la déforestation et la dégradation environnementale’ (REDD) ; l’abandon des ‘fausses solutions’ pour résoudre les problèmes climatiques tels que l’énergie nucléaire, le ‘charbon propre’ et les agrocarburants ; la reconnaissance des droits des peuples indigènes par les gouvernements et la restitution des terres, territoires, eaux, forêts, mer de glace et sites sacrés que les gouvernements se sont appropriés par le passé.
Le document conclut par une offre de ‘partage avec l’humanité de nos savoirs traditionnels… pour aborder le changement climatique, à condition que nos droits fondamentaux… soient reconnus et respectés. Nous réitérons le besoin urgent d’une action globale.’
Lire la Déclaration d’Anchorage
La Cour Suprême brésilienne confirme les droits des Indiens dans une décision historique
La Cour Suprême du Brésil a décidé que la réserve indienne connue sous le nom de Raposa-Serra do Sol ne devait pas être fractionnée. Un puissant groupe de riziculteurs qui vivent à l'intérieur de la réserve voulait en changer ses frontières pour pouvoir y rester. Mais dix juges sur onze ont décrété le 19 mars 2009 que la réserve devait rester intacte.
Le président de la Cour suprême a déclaré que "les fondements que nous avons établis dans ce cas, les conditions et les procédures serviront d'exemple pour d'autres différends. Nous mettons un terme aux problèmes liés à des cas similaires."
Le Conseil Indigène du Roraima (CIR), qui représente la majorité des Indiens de la réserve, s'est réjoui de la décision et a déclaré espérer que "les communautés pourraient vivre en paix".
(Suite)Lors de la conférence des Nations-Unies sur le changement climatique de Poznan, les représentants indigènes ont condamné les mesures visant à exclure leurs voix et le refus de reconnaître leurs droits aux forêts dont ils dépendent et qu’ils protègent.
Les Etats-Unis, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada se sont unis pour éliminer toute référence aux droits des peuples indigènes dans l’avant-projet d'un accord préparé pour la conférence. Ces quatre pays avaient refusé de voter en faveur de la Déclaration des Nations-Unies sur les droits des peuples autochtones et aucun d'entre eux n'a ratifié la Convention 169 de l'OIT, seul instrument juridique international contraignant en matière de droits des peuples indigènes.
L'avant-projet de l’Accord de Poznan détermine comment le processus international « REDD » (Reducing Emissions from Deforestation and Degradation) qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre dues à la déforestation, peut être mis en place. Il tenait initialement compte des « droits des peuples indigènes et de l'importance de leur implication », mais ces droits ne sont pas mentionnés dans la version définitive.
Le processus REDD, selon lequel les pays industrialisés subventionnent les pays émergents pour qu’ils préservent leurs forêts, est en train de devenir la pièce maîtresse d'une action globale sur le changement climatique et devrait constituer une grande part des accords destinés à remplacer le protocole de Kyoto en 2012.
Ce processus risque de mettre gravement en péril la vie et la santé des peuples indigènes si leurs droits territoriaux ne ne sont pas reconnus et respectés dès le départ. Les recherches ont démontré que le meilleur moyen de protéger la forêt tropicale est de garantir et protéger les droits des peuples qui y vivent. En Amazonie, les 162 millions d'hectares qui ont été reconnus comme territoires indigènes sont ainsi préservés de la déforestation.
Davi Yanomami, leader et chamane yanomami du Brésil, a déclaré : « La forêt ne peut être achetée; elle est toute notre vie et nous l'avons toujours protégée. Sans la forêt, il n'y a que maladie, et sans nous, elle n'est qu'une terre morte. Rendez-nous nos terres et notre santé avant qu'il ne soit trop tard pour nous, mais également pour vous ».
Les territoires de nombreux peuples indigènes ne sont toujours pas protégés et ceux qui ont été officiellement reconnus sont menacés. Ainsi, les Indiens de Raposa-Serra do Sol viennent de gagner une longue bataille juridique qui les opposait à un puissant groupe de fermiers et de politiciens locaux qui tentaient de remettre en cause la reconnaissance officielle de leur territoire.
De nos jours, les groupes qui déclarent être des « autochtones » d'Afrique sont avant tout ceux qui vivent de la chasse et de la cueillette ou du pastoralisme transhumant (migrateurs nomades). Il s'agit de différentes peuples qui ont suivi les trajectoires d'une évolution culturelle et économique liée à des conditions environnementales spécifiques telles qu'on les rencontre dans les forêts pluviales équatoriales, les chaînes de montagnes de l'Atlas, du Hoggar et du Tibesti, la Vallée du Rift ainsi que les déserts du Sahara et du Kalahari.
Certains Africains pourraient se sentir offensés du fait que certains groupes ethniques sont qualifiés d’ «autochtones» alors que le terme ne s’applique pas à d’autres groupes. IPACC reconnaît que tous les Africains doivent jouir des mêmes droits et des mêmes marques de respect, et aussi que chaque élément de la diversité africaine a droit à l’estime de tous. En raison de circonstances historiques et environnementales, certaines communautés se sont retrouvées à l’écart du système d’état et peu représentées au gouvernement. Ces « peuples premiers » ou « peuples autochtones » se sont alignés aux standards des Nations Unies pour ce qui est des droits des peuples autochtones. L’intention n’est pas de nier leurs statuts aux autres Africains, mais de mettre l’accent sur le fait qu’une reconnaissance positive s’impose dans le cas des peuples de chasseurs-cueilleurs et de pastoralistes de manière à assurer leur survie.
Les revendications au statut d’autochtone d’Afrique reposent sur une série de caractéristiques:
De récents travaux destinés à établir une cartographie de l'histoire génétique de l'Afrique attirent l'attention sur le fait que la présence des «peuples premiers» remonte à une lointaine antiquité sur le continent. Généticiens et archéologues s'accordent pour reconnaître que l'Afrique est le berceau de l'humanité. L'Afrique présente la plus grande diversité génétique et linguistique de tous les continents. Au cours de la dernière décennie, d'importants progrès ont eu lieu dans les domaines de la lecture des signatures génétiques et du déchiffrage de la préhistoire de l'Afrique. Des peuples comme les San et les Khoe ainsi que différents peuples des forêts « pygmées » présentent certains des types de gènes parmi les plus anciens de la planète.
La génétique n’est pas la base des droits de l’homme, mais elle démontre que la distribution du pouvoir parmi les différents peuples d’Afrique prend sa source dans un long passé historique qu’il convient de prendre en considération.
Les Bushmen sont un peuple indigène d'Afrique australe. Ils ont été victimes d'un génocide dans une indifférence quasi-générale. Autrefois présents dans toute l'Afrique australe, ils ne sont plus aujourd'hui que 100 000, la plupart d'entre eux ayant été spoliés de leurs terres par les colons blancs et les Bantous.
Pour marquer la journée internationale des peuples indigènes décrétée le 9 août par les Nations-Unies, Survival a qualifié de « Trinité diabolique » trois compagnies parmi celles qui abusent le plus des droits des peuples indigènes :
1. Vedanta. Cette compagnie s’apprête à construire une mine de bauxite sur la montagne sacrée des Dongria Kondh dans l’Etat d’Orissa, en Inde. Elle a déjà construit une raffinerie d’aluminium d’une valeur d’un milliard de dollars au pied de la montagne. Les Dongria Kondh, l’un des peuples indigènes les plus isolés d’Inde, sont résolument opposés à la mine qui les détruira en tant que peuple.
2. Perenco. Compagnie pétrolière franco-britannique, Perenco a la ferme intention d’exploiter le pétrole dans le nord de l’Amazonie péruvienne, sans tenir compte du danger que représentent ses opérations pour les Indiens isolés de la région. Les projets de la compagnie ont fait l’objet de deux actions en justice intentées par des organisations indigènes d’Amazonie péruvienne, mais elles n’ont pas abouti. Des contacts entre les ouvriers de la compagnie et des Indiens isolés ont déjà été signalés.
3. Samling. Active au Sarawak, Malaisie, depuis quatre décennies, Samling est responsable de la destruction massive de vastes étendues de forêts tropicales, incluant les terres ancestrales de la tribu nomade des Penan. Les Penan ont à plusieurs reprises érigé des barricades sur les routes utilisées pour le transport du bois pour tenter de stopper la dévastation de leurs forêts. Plusieurs Penan ont été arrêtés et James Ho, le chef des opérations de Samling a décrété : « Les Penan n’ont aucun droit à la forêt ».
Stephen Corry, directeur de Survival a déclaré aujourd’hui : « L’exploitation minière, pétrolière et forestière par ces trois compagnies qui opèrent chacune dans un domaine différent ont cependant un trait commun : un mépris total pour la vie des gens dont ils détruisent les terres. C’est toujours la même vieille histoire qui se répète : ces compagnies convoitent les ressources sans se préoccuper des gens. Elles peuvent éventuellement prétendre aujourd'hui à la ‘responsabilité socio-corporative’, mais peu d’entre elles s’y tiennent – c’est la poursuite absolue du profit au détriment de la survie de peuples auto-suffisants.»
Discours de Benoît XVI devant les autorités australiennes (17 juillet 2008)
Benoît XVI voit dans la réconciliation de la société australienne et la reconnaissance des droits des populations autochtones un « signe d'espérance pour tous les peuples qui, dans le monde entier, attendent de voir affirmés leurs droits ».
Benoît XVI a ainsi fait allusion, dans son premier discours en Australie aux engagements du gouvernement et du Premier ministre Rudd, qui a prononcé, en février dernier, un discours historique énumérant tous les événements dont les descendants des colons étrangers demandaient pardon avec une affirmation récurrente : « We are sorry ».
« Cet exemple de réconciliation est un signe d'espérance pour tous les peuples qui, dans le monde entier, attendent de voir affirmés leurs droits et promue et reconnue leur contribution à la société », a déclaré le pape.
Le pape avait auparavant rappelé le caractère cosmopolite et jeune de la population australienne en disant : « Depuis le premier établissement d'Européens ici vers la fin du XVIIIe siècle, ce pays est devenu la demeure non seulement de générations de colons occidentaux, mais aussi de personnes provenant de tous les coins du globe. L'immense diversité de la population australienne d'aujourd'hui confère une vigueur particulière à cette nation qui, si on la compare à la majeure partie du reste du monde, pourrait encore être considérée comme jeune ».
Mais il rappelait aussi l'importance du patrimoine culturel des autochtones : « Cependant, rappelait le pape, pendant des milliers d'années, avant l'arrivée des émigrants occidentaux, les seuls habitants du lieu étaient des personnes originaires de cette terre, aborigènes et insulaires du détroit de Torres. Leur antique héritage a une part essentielle dans le panorama culturel de l'Australie moderne ».
Et de saluer le tournant pris par le gouvernement actuel en ces termes : « Grâce à la courageuse décision du Gouvernement australien de reconnaître les injustices commises dans le passé contre les peuples indigènes, des mesures concrètes sont maintenant mises en œuvre pour parvenir à une réconciliation fondée sur le respect réciproque. À juste titre, vous êtes en train de chercher à combler l'écart existant entre Australiens indigènes et non indigènes en ce qui concerne les perspectives de vie, les objectifs éducatifs et les opportunités économiques ».
Le pape avait célébré la messe en privé ce jeudi matin avant de se rendre à la « Government House » de Sydney où a eu lieu la cérémonie officielle de bienvenue. Le pape a été accueilli par le gouverneur général Michael Jeffery et par le Premier minsitre, Kevin Rudd, en présence du président de la conférence des évêques, Mgr Philip Edward Wilson, archevêque d'Adelaide, de l'archevêque de Sydney, le cardinal George Pell, de l'évêque coordinateur de la JMJ, Mgr Anthony Fisher, des évêques auxiliaires de Sydney ainsi que d'autres évêques australiens.
Le gouverneur a présenté au pape des « Civic Leaders » de Nouvelle Galles du Sud, et de Sydney, et le pape a prononcé son discours après l'allocution du Premier ministre.
(Suite)
Lors d'une cérémonie au Parlement canadien mercredi 11 juin 2008, le premier ministre, Stephen Harper, a reconnu que l'envoi de force de dizaines de milliers d'enfants dans des pensionnats pour les couper de leurs familles et de leur culture, de la fin du XIXe siècle aux années 1970, a "causé de graves préjudices".
Une vaste étude génétique nous donne des précisions essentielles sur les premières lignées d'hommes, en Afrique, avant même que débute l'essaimage de l'espèce en direction des autres continents.
Quelle chose remarquable que l'ADN mitochondrial ! Il est lui-même le produit d'un étonnant phénomène de l'évolution (la fusion d'une bactérie antédiluvienne et de la cellule mère de tout le règne végétal et animal), mais il porte aussi les marques d'une évolution plus récente. Chez de nombreuses espèces - espèce humaine incluse - il ne se transmet que de la mère à l'enfant. Aucun gène paternel ne s'en mêle. C'est pourquoi l'ADN mitochondrial permet de voir facilement si des mutations génétiques particulières se sont produites et facilite la construction de l'arbre généalogique de l'homme.
Les branches de cet arbre sont aujourd'hui bien connues. L'homme est apparu en Afrique. Il a ensuite gagné l'Asie, il y a environ 60 000 ans, l'Europe il y a 35 000 ans et l'Amérique il y a 15 000 ans. En revanche, les racines africaines de cet arbre ont été nettement moins étudiées. Or la diversité génétique constatée chez les Africains est probablement sans comparaison avec celle du reste de l'humanité dans son ensemble. Mais on comprend encore mal son évolution.
Une étude menée sous l'égide du Genographic Project, un organisme installé à Washington, et qui vient de paraître dans la revue American Journal of Human Genetics, apporte un début de réponse. Dirigée par Doron Behar, du centre médical Rambam, à Haïfa, et Spencer Wells, de la National Geographic Society, l'équipe à l'origine de ces travaux a étudié l'ADN mitochondrial de plus de 600 Africains vivants pour expliquer l'évolution de la diversité génétique sur le continent noir. Ce faisant, ils nous éclairent également sur la façon dont l'espèce humaine a migré à l'intérieur de son continent natal bien avant de s'aventurer timidement dans le reste du monde.
Les chercheurs se sont intéressés en particulier aux échantillons d'ADN mitochondrial prélevés sur des individus des peuples khoïkhoï et san, dans le sud de l'Afrique. Ces peuples, qu'on appelle collectivement les Bushmen, vivent traditionnellement de la chasse et de la cueillette. Pour de nombreux anthropologues, leur mode de vie serait très semblable à celui des hommes qui vivaient partout dans le monde avant l'invention de l'agriculture.
L'espèce humaine a sans doute frôlé l'extinction
En comparant l'ADN des Khoïkhoï et des San à celui d'autres Africains, il apparaît que la première grande scission dans l'espèce Homo sapiens s'est produite peu de temps après l'apparition de celle-ci, il y a 200 000 ans. La plupart des êtres humains actuels se placent d'un côté de ce schisme, et la plupart des Bushmen de l'autre côté. L'objectif de l'équipe de scientifiques était de déterminer quelles lignées matrilinéaires d'ADN on trouve et où on les trouve. Leur analyse révèle que, presque tout au long de son histoire, notre espèce a été divisée en deux populations isolées, chacune représentant une des branches nées de la scission : l'une en Afrique de l'Est, l'autre dans le sud du continent. Mais, parmi les scissions matrilinéaires survenues au cours des 100 000 premières années d'existence de l'espèce humaine, rares sont celles qui ont survécu jusqu'à nos jours.
Cette découverte signifie que la population humaine était au début de son existence très peu nombreuse (d'où des chances limitées de voir évoluer de nouvelles lignées matrilinéaires) et renforce l'idée que l'Homo sapiens a sans doute frôlé l'extinction. A un moment donné, la perpétuation de l'humanité a probablement reposé sur une population limitée à environ 2 000 individus.
Cette contraction démographique coïncide avec une période de sécheresse prolongée en Afrique de l'Est et s'explique sans doute par ces conditions climatiques. En revanche, dès la fin de cette sécheresse, de nombreuses nouvelles lignées matrilinéaires sont apparues, qui existent toujours actuellement. Les chercheurs estiment que, il y a 60 000 à 70 000 ans, période à laquelle s'est produit l'exode qui allait peupler le reste de la planète, pas moins de quarante groupes de ce type cohabitaient en Afrique. Mais que la migration hors du continent n'a concerné que deux d'entre eux.
Ces lignées matrilinéaires africaines semblent toutefois être restées isolées les unes des autres pendant des dizaines de millénaires après l'exode. Ce n'est qu'il y a 40 000 ans que les croisements ont repris, peut-être à la suite de la révolution technologique du Paléolithique supérieur, qui a permis l'apparition d'outils nouveaux et plus élaborés. Les Bushmen semblent avoir été les seuls oubliés de cette grande fête panmictique [panmixie : reproduction par des unions faites au hasard] : ils restèrent isolés jusqu'il y a une centaine d'années, lorsqu'ils furent envahis par d'autres Africains, au nord, et par les Européens, au sud. La panmixie fut dès lors totale - mais elle n'avait plus rien d'une fête.
L'Australie a enfin reconnu les souffrances infligées aux aborigènes depuis des décennies. Souhaitons que le gouvernement botswanais en fasse de même rapidement et cesse de persécuter les Bushmen comme il le fait.
(Suite)Le Chef national, Phil Fontaine, et le Chef régional pour le Québec et le Labrador, Ghislain Picard, ont annoncé qu'ils entendaient maintenir leur appui à l'égard de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.
À l'occasion d'un petit-déjeuner organisé aujourd'hui sur la Colline du Parlement, le Chef régional a prononcé une allocution devant des députés et des représentants de plusieurs organisations non gouvernementales, dont Amnesty International, Droits et Démocratie, Kairos, la Société religieuse des amis ainsi que d'autres organismes autochtones, rassemblés pour discuter de l'application de la Déclaration au Canada.
Le 13 septembre 2007, l'Assemblée générale des Nations Unies, organe suprême de l'Organisation des Nations Unies, a voté en faveur de l'adoption de la Déclaration, après plus de 20 années de négociations intensives entre les États-nations et les peuples autochtones. Toutefois, le Canada, qui est pourtant membre du Comité des droits de l'homme, organe créé en vue de faire respecter les normes les plus élevées en matière de droits de la personne, a voté contre la Déclaration. Alors qu'une majorité écrasante de 143 États ont voté en faveur de la Déclaration, seuls quatre pays s'y sont opposés, dont le Canada.
(Suite)
A l'occasion de la journée internationale des droits de l'homme décrétée le 10 décembre par les Nations-Unies, Survival a établi une liste noire des dix principaux oppresseurs des droits des peuples indigènes en 2007 : l'Indonésie, l'Australie, le Canada, les Etats-Unis, la Nouvelle-Zélande, le Botswana, le Brésil, le Pérou, le Paraguay et la Malaisie.
Les tribus de Papouasie sont confrontées à la violence de l'armée indonésienne et sont victimes d’assassinats, d’arrestations arbitraires, de viols et de tortures alors que leurs territoires sont exploités par le gouvernement indonésien et des compagnies multinationales.
Au Botswana, les Bushmen ont été expulsés de leur territoire du Kalahari central en 2002 et bien que la Haute Cour ait jugé en 2006 que ces expulsions étaient "illégales et anticonstitutionnelles", le gouvernement continue d'empêcher les Bushmen de retourner chez eux.
Les éleveurs qui occupent les terres des Guarani au Brésil engagent des hommes de main pour terroriser les Indiens. Cette année, deux leaders guarani ont été assassinés et deux femmes violées lors de conflits territoriaux tandis qu’au moins 26 Guarani se sont suicidés.
On estime qu’une quinzaine de groupes d’Indiens isolés vivent au Pérou. Alors que le gouvernement ouvre leurs territoires aux compagnies pétrolières et que les bûcherons illégaux y affluent, il sont tous menacés de disparition. Le président du Pérou a récemment insinué que ces Indiens n'existaient pas.
Les Ayoreo-Totobiegosode du Paraguay sont les derniers Indiens isolés du sud du bassin amazonien. De puissantes compagnies d’exploitation forestière sont en train de détruire leurs forêts et le gouvernement ne fait aucun effort pour les protéger.
En Malaisie, les peuples indigènes du Sarawak ont été dépossédés de leurs terres pour laisser place aux barrages, à l'exploitation forestière et aux plantations de palmiers à huile. Le gouvernement refuse d’accorder des droits territoriaux aux Penan, un peuple nomade de chasseurs-cueilleurs, tant qu’ils n’accepteront pas de devenir des agriculteurs sédentaires.
Bien que censés être des démocraties libérales, l'Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande et les Etats-Unis sont les seuls pays à avoir voté contre la Déclaration des droits des peuples indigènes approuvée par l'Assemblée générale des Nations-Unies en septembre dernier. 143 pays ont voté en sa faveur.