Romandie.com
 
Créer un blog | Noter ce blog | Signaler un abus
 
| Autre blog ? >>  

SOS Bushmen

Arrestation de six chasseurs bushmen: le harcèlement continue

Six Bushmen, accusés d’avoir chassé dans la Réserve de gibier du Kalahari central au Botswana, ont été arrêtés et incarcérés.

Le tribunal de Molepolole devrait rendre sa décision lundi 3 août 2009. Le cas concerne deux incidents qui se sont déroulés au début de cette année et en 2007.

La Haute cour botswanaise avait jugé en 2006 qu’empêcher les Bushmen de chasser « revenait à les condamner à mort ». Ce jugement historique avait reconnu le droit des Bushmen à vivre sur leurs terres ancestrales et condamné le gouvernement pour les avoir expulsés à plusieurs reprises, leur avoir interdit la pratique de la chasse et avoir détruit leur unique source d’eau.

Le gouvernement botswanais n’a pas délivré un seul permis de chasse aux habitants de la réserve depuis 2001 en dépit du verdict de la Haute cour qui avait jugé l’interdiction de la chasse illégale et anticonstitutionnelle. Au moins 75 Bushmen en ont pourtant fait la demande.

Plusieurs Bushmen sont rentrés chez eux depuis le jugement de 2006, mais nombre d’entre eux sont encore confinés dans des camps de relocalisation qu’ils appellent « lieux de mort ». Le gouvernement a totalement ignoré le verdict de la Haute cour en empêchant les Bushmen d’avoir accès à l’eau et en refusant de leur délivrer des permis de chasse.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : « Jeter six Bushmen en prison simplement parce qu’ils ont chassé sur leur terre ancestrale dénote de l’hypocrisie la plus révoltante de la part du gouvernement botswanais qui continue de nier la décision de la Haute cour de son propre pays stipulant que les Bushmen doivent être autorisés à vivre librement sur leurs terres. Leur interdire de chasser pour se nourrir est parfaitement illégal ».

5th anniversary of Kalahari Bushmen legal action against Botswana govt

Description: 5th anniversary of Kalahari Bushmen beginning legal case against the Botswana government to return to their ancestral homeland after being removed so that diamond mining could take place. Although the Bushmen won the case the Botswana Govt have put restrictions on the numbers allowed to return bringing condemnation from the United Nations Human Rights Council

Peuples autochtones et Amnesty International

Même si l’on a pu constater quelques améliorations au cours de la dernière décennie, à travers le monde, les peuples autochtones continuent de vivre dans des conditions difficiles et dangereuses parce que les États ne reconnaissent ni ne protègent leurs droits.

Dépossédés et menacés

Les peuples autochtones sont arrachés à leurs terres et territoires du fait de politiques discriminatoires, de conflits armés et d’opérations réalisées par des intérêts économiques privés.

En raison de la marginalisation sociale et des discriminations juridiques qu’ils subissent, ces peuples se trouvent exposés à un large éventail de violations des droits humains visant des dirigeants ou des membres de ces communautés ou encore l’ensemble des peuples autochtones.

Coupés des ressources et des traditions qui sont vitales pour leur bien-être et leur survie, de nombreux peuples autochtones ne sont pas en mesure de jouir pleinement de leurs droits humains. Ils sont en butte à la marginalisation, à la pauvreté, à la maladie et à la violence, et sont parfois même menacés d'extinction.

Ceux qui défendent les droits de ces peuples doivent faire face à des manœuvres d'intimidation et à des violences. L'État est souvent complice de ces agissements. Dans de nombreux cas, l’aide pacifique apportée aux peuples autochtones qui tentent de préserver leur identité ou de garder le contrôle de leurs terres et de leurs ressources est assimilée à une trahison ou à un soutien au terrorisme, et donne lieu à de violentes ripostes de la part des autorités.

Lorsque leur mode de vie traditionnel est perturbé, les femmes autochtones peuvent se heurter à des problèmes spécifiques: elles perdent leur statut social ou subissent des violences au foyer, ce qui constitue une des conséquences de la frustration et du profond malaise ressentis au sein de leur communauté. Un nombre grandissant de ces femmes ont migré vers des milieux urbains ou vivent dans des secteurs marqués par une forte présence militaire. Elles sont confrontées à la discrimination raciale et sexuelle qui sévit dans l’ensemble de la société et qui se traduit par un risque accru de violence et un accès inégal à la justice. Les femmes autochtones subissent donc une double discrimination, sexuelle et ethnique.

Repères

On estime que dans le monde, 370 millions de personnes appartiennent aux peuples autochtones.

Selon les données du département américain de la Justice, les femmes amérindiennes et autochtones de l’Alaska risquent davantage d’être violées ou victimes d’une autre forme d’agression sexuelle que les autres femmes américaines (le rapport est supérieur à 2,5).

D’après une étude de ce même département, 34,1 p. cent des femmes amérindiennes et autochtones de l’Alaska – soit plus d’une sur trois – subiront un viol au cours de leur vie. À titre de comparaison, pour les États-Unis dans leur ensemble, cette proportion est inférieure à une femme sur cinq.

Bien que les statistiques disponibles soient déjà consternantes, on estime qu’elles ne rendent pas compte de l’ampleur exacte des violences sexuelles subies par les femmes autochtones. Pour plus d’informations, consultez le rapport d’Amnesty International intitulé États-Unis. Le labyrinthe de l’injustice: les femmes autochtones sans protection face aux violences sexuelles.

Que fait Amnesty International?

Amnesty International collabore avec des membres des peuples autochtones du monde entier pour faire progresser les lois et les normes permettant de protéger les cultures et les conditions d’existence de ces peuples. La Déclaration sur les droits des peuples autochtones, adoptée en septembre 2007 à l’issue de plus de vingt ans de travail de pression mené par des associations autochtones, constitue l’un des textes les plus importants en la matière.

Elle proclame le droit des peuples autochtones de disposer de véritables moyens de contrôle sur leur existence, de préserver leurs spécificités et identité culturelles, de vivre à l’abri des discriminations et des menaces de génocide, et d’avoir un accès protégé aux terres et aux ressources naturelles qui sont essentielles pour leur bien-être et leur mode de vie.

Amnesty International mène des actions avec des femmes amérindiennes et autochtones de l’Alaska pour que le gouvernement des États-Unis lance, conformément à ses obligations, une étude nationale sur les violences infligées aux femmes autochtones.

Cette étude servira à déterminer l’ampleur de ces violences, ainsi que leurs diverses formes. Elle devra comporter une évaluation des réponses apportées par les autorités fédérales et des États et par les instances tribales et locales face à ces actes de violence, et recensera les obstacles législatifs et juridictionnels auxquels se heurtent les femmes autochtones quand elles tentent d’obtenir justice et réparation.

Les membres d’Amnesty International font campagne pour que les femmes amérindiennes et autochtones de l’Alaska victimes de viol ou d’autres formes de violence sexuelle puissent bénéficier d’examens médicolégaux adaptés, gratuitement et en temps voulu.