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SOS Bushmen

Aidons les Bushmen

Au cours de deux vagues d’expulsions en 1997 et 2002, le gouvernement du Botswana a chassé tous les Bushmen de leur territoire ancestral et les a parqués dans de lointains camps de relocalisation. Pour les empêcher de retourner dans leur réserve, le gouvernement a condamné le puits qui représentait la principale source d’eau des Bushmen.

Ce puits se trouve à l’intérieur de la Réserve, dans la communauté bushman de Mothomelo. Avant les expulsions, un camion-citerne envoyé par le gouvernement faisait une fois par mois la navette entre le puits et l’ensemble des communautés bushmen de la réserve. Bien que les Bushmen soient réputés pour leurs techniques de stockage de l’eau de pluie, ce puits était essentiel à leur survie pendant la saison sèche.

Comment aider?

Le 1er avril 2008, l’ancien vice-président, Ian Khama, est devenu le nouveau président du Botswana. Ecrivez-lui une lettre courtoise en vous inspirant du texte ci-dessous pour l’exhorter à autoriser les Bushmen à utiliser le puits situé à l’intérieur de la réserve du Kalahari :

Je suis extrêmement inquiet d’apprendre que votre gouvernement n’autorisera pas les Bushmen à utiliser le puits se trouvant dans la communauté de Mothomelo, à l’intérieur de la réserve du Kalahari. Aucune raison valable ne justifie ce refus, qui semble être motivé par la volonté de dissuader les Bushmen de retourner sur leur territoire ancestral. Je vous prie de mettre immédiatement terme à cette politique et à autoriser les Bushmen à utiliser l’eau dont ils ont besoin. Il s’agit d’un droit de l’homme fondamental.

On peut également le faire en anglais:

Your Excellency,  

As you assume your new post as President of Botswana, I hope that this will signal a change in policy towards the Bushmen of the Kalahari.

After being forcibly removed from the Central Kalahari Game Reserve, many Bushmen living in the resettlement camps are exposed to diseases including HIV/AIDS, which they never experienced before. Alcoholism and depression is widespread.

The High Court ruled that the evictions of the Bushmen were illegal and unconstitutional. I urge you to embrace the spirit of this ruling by allowing all of the Bushmen who wish to return home to do so, and by allowing them to hunt for food and to access their own water using the pre-existing borehole at Mothomelo, within the reserve.

Refusal to allow the Bushmen to use their existing borehole at Mothomelo can only be interpreted as a clear sign that you are determined to continue the past government’s misguided policy of keeping the Bushmen from returning home.

Envoyez vos lettres à :

H.E. President Ian Khama

Office of the President
Private Bag 001
Gaborone
Botswana

Fax: 00 267 395 0858

Commencez par: 'Your Excellency'

Ms Margaret Nasha

Minister of Local Government
Ministry of Local Government
Private Bag 006
Gaborone
Botswana

Fax: 00 267 390 2263

Des Bushmen de Namibie de retour sur les terres de leurs ancêtres

Hira Khamuxas, une descendante des premiers habitants d'Afrique australe, les Sans ou "Bushmen", chassée de sa terre par le régime d'apartheid sud-africain claque des mains: "Nos ancêtres sont contents parce que nous sommes de retour, tout près de chez nous".

"Je peux le sentir, notre rêve va se réaliser", ajoute la vieille dame qui, avec 300 autres membres de sa tribu, les Haikoms, a été aidée par le gouvernement namibien à revenir sur la terre de son peuple.

La semaine dernière, ils ont emménagé dans deux immenses fermes achetées par les autorités à Seringkop, à la frontière sud de la célèbre réserve naturelle d'Etosha (nord), berceau des Haikoms.

 (Suite)

Les Bushmen condamnent Mo Ibrahim

Les Bushmen du Kalahari expulsés de leurs terres par le gouvernement de l'ancien président du Botswana Festus Mogae ont condamné le milliardaire africain Mo Ibrahim et sa fondation pour avoir attribué à Mogae "le prix de la bonne gouvernance en Afrique". Ce prix sera décerné à Mogae lors d'une cérémonie à Alexandrie, en Egypte, samedi 15 novembre.

Un porte-parole bushman a déclaré aujourd'hui : "Nous pensons qu'il ne devrait pas recevoir ce prix en raison de la manière dont il nous a traités lorsqu'il était président du Botswana. En nous chassant de nos terres ancestrales il a bouleversé notre vie. Il nous a rendus pauvres, malades du SIDA et alcooliques."

Le gouvernement Mogae avait expulsé les Bushmen de la réserve du Kalahari central en 2002, leur interdisant de pratiquer la chasse et la cueillette.

Les chasseurs bushmen ont été systématiquement arrêtés et torturés; ceux qui manifestaient pacifiquement contre les expulsions ont également été arrêtés et certains blessés par balle; une femme au moins est morte de faim et de soif lorsque le gouvernement Mogae avait bloqué l'accès à la réserve.

Les Bushmen ont intenté un procès au gouvernement et en 2006 la Haute Cour du Botswana a déclaré que les expulsions étaient "illégales et anticonstitutionnelles". Un des juges a affirmé que le refus du gouvernement de les laisser chasser "revenait à les condamner à mourir de faim".

Mais le gouvernement, dirigé par Mogae jusqu'en avril dernier, empêche toujours les Bushmen de retourner chez eux. Il leur refuse l’accès à une source d’eau inutilisée dans l’une de leurs communautés et leur interdit de chasser pour se nourrir.

Le gouvernement botswanais promeut actuellement des projets touristiques et d'exploitation diamantifère en plein cœur du territoire bushman. La compagnie Gem Diamonds a l’intention d’exploiter les mines dans la communauté bushman de Gope tandis que la compagnie 'Safari & Adventure' a répondu à un appel d'offres pour la construction d'infrastructures touristiques à proximité de la communauté bushman de Molapo.

Stephen Corry, directeur de Survival, a déclaré aujourd'hui : "Les citoyens les plus marginalisés du Botswana, les Bushmen du Kalahari, ont une perspective tout à fait différente de la manière dont l'élite africaine gouverne le pays. Leur expérience de la bonne gouvernance de Festus Mogae se résume aux évictions, aux arrestations et à la torture. La Fondation Mo Ibrahim aurait mieux fait de les écouter avant de faire ce choix peu judicieux."

Le prix Mo Ibrahim attribue au récipiendaire la somme de 5 millions de dollars sur dix ans, puis 200 000 dollars annuels à vie. Parmi les membres du jury figuraient l'ancien secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, et l'ancien Haut Commissaire aux droits de l'homme, Mary Robinson.