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SOS Bushmen

Visite du président Mogae à Paris

 A l'occasion de la visite en France des 20 et 21 mars 2008 du président du Botswana M. Festus Mogae, la section française de Survival International lui a rappelé le sort tragique des Bushmen du Kalahari et a appelé le gouvernement français à intercéder en leur faveur pour qu'ils puissent retourner vivre en paix sur leurs terres ancestrales.

Survival a écrit à M. Bernard Kouchner, membre du comité d'honneur de Survival France, en lui demandant d'intervenir en faveur des Bushmen, ainsi qu'au président Nicolas Sarkozy qui a décoré Festus Mogae des insignes de Grand-Croix de commandeur de la Légion d'honneur pour le "modèle de démocratie et de bonne gouvernance" que représente le Botswana.

Lors d'une conférence donnée par M. Mogae à l'Université de la Sorbonne, il a été interrogé par un porte-parole de Survival sur le sort des Bushmen et plus particulièrement sur la question de leur accès à l'eau à l'intérieur de la réserve du Kalahari central.

Une manifestation a également été organisée devant le du siège du MEDEF où avait lieu une réunion de travail au cours de laquelle le président du Botswana rencontrait des entreprises françaises.

Après avoir gagné un procès historique à l'issue duquel leur expulsion a été jugée illégale par la Haute Cour du Botswana, les Bushmen avaient espéré pouvoir retourner dans leurs anciens villages.

Mais le gouvernement redouble d’efforts pour empêcher les Bushmen de rentrer chez eux. Il refuse notamment de les autoriser à pratiquer la chasse et à accéder à un puits situé à l'intérieur de la réserve, les obligeant à parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour se ravitailler en eau.
Dans le même temps, un projet de mine de diamants d’un coût de plus de 2,2 milliards de dollars a démarré dans la réserve. La mine aura accès à toute l'eau nécessaire à son fonctionnement.


Le Botswana, les Bushmen et les diamants...

Paris accueille aujourd’hui le président du Botswana, un pays atypique par sa bonne gestion et sa prospérité économique. Mais c'est également un pays qui essaie de faire disparaître les derniers Bushmen qui ont pour seul défaut de vivre dans un désert infesté de diaments...

 C’est un de ces pays africains dont on ne parle jamais, bien qu’ils aillent relativement bien – ou peut-être parce qu’ils vont bien. Le Botswana, dont le président Festus Mogae a effectué les 20 et 21 mars 2008 une visite officielle à Paris, fait figure, sous bien des aspects, de modèle à l’échelon du continent.

Démocratie stable et intègre – Transparency International l’a classé l’an dernier comme le pays le moins corrompu d’Afrique –, le Botswana est le premier producteur mondial de diamants. Il est aussi riche en minéraux (cuivre, nickel), en charbon et en pétrole. Ce vaste pays peu peuplé, enclavé au nord de l’Afrique du Sud, était pourtant, lors de son indépendance en 1966, l’un des 25 plus pauvres du monde. Il se classe désormais parmi les plus prospères du continent. Il a affiché, durant la période 1970-2000, une croissance annuelle moyenne de plus de 8 %, ce qui lui a permis de sortir en 1984 du groupe des pays les moins avancés (PMA).

Ces données macroéconomiques exemplaires aux yeux des institutions internationales ne doivent pas occulter les fardeaux persistants du sida, qui touche près du quart de la population adulte, et de l’inégalité sociale. En la matière, le cas des Bushmen (Bochimans) est souvent soulevé. Ce peuple nomade de chasseurs-cueilleurs a fait l’objet en 1997 et 2002 d’expulsions de son territoire ancestral, dans la réserve naturelle du Kalahari central, pour faciliter la mise en œuvre d’un vaste projet d’extraction de diamants. Bien que leur expulsion ait été jugée illégale par la Haute Cour, les Bushmen ont été empêchés de retourner dans leurs anciens villages.

Les dizaines de millions de carats de diamants tirés des quatre mines botswanéennes, pour une valeur de 1,6 milliard d’euros en 2006, rendent le pays dépendant de l’industrie minière et des cours mondiaux. Sa proximité avec la première économie subsaharienne, l’Afrique du Sud, d’où proviennent les trois quarts de ses importations, est aussi à double tranchant. Le gouvernement s’efforce de rendre la relation plus équilibrée : il vient par exemple de fonder une coentreprise avec le géant diamantaire De Beers en vue de trier, évaluer et commercialiser sur place une plus grande partie de la production. Confronté, comme l’Afrique du Sud, à une pénurie d’électricité, le Botswana s’apprête aussi à signer un accord sur la construction d’une centrale électrique au charbon d’une valeur de plusieurs milliards d’euros dont les trois quarts de la production devraient être exportés vers l’Afrique du Sud.

Malgré son envergure modeste – moins de deux millions d’habitants –, le Botswana intéresse la France, qui y a ouvert une ambassade en 2001. Elle y voit un marché d’exportation sous-exploité, mais aussi un relais pour sa diplomatie d’influence, Gaborone abritant le secrétariat de l’organisation régionale, la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC). De son côté, le Botswana souhaite affermir son poids en Afrique et dans le monde, notamment en développant l’apprentissage du français. La signature, ce matin, d’une convention sur ce sujet sera le premier acte public accompli par le nouveau secrétaire d’État chargé de la coopération et de la francophonie, Alain Joyandet, entré en fonction hier.

Festus Mogae, qui sera reçu cet après-midi par Nicolas Sarkozy, quittera ses fonctions à la fin du mois après deux mandats, à l’image de ses deux prédécesseurs depuis l’indépendance. Comme eux, il cédera la place à son vice-président et rejoindra le club, de plus en plus fourni, des présidents africains ayant quitté démocratiquement le pouvoir.


Le président du Botswana à Paris : la France doit soutenir les Bushmen

A l'occasion de la visite cette semaine en France du président du Botswana M. Festus Mogae, plusieurs organisations des droits de l'homme souhaitent évoquer le sort tragique des Bushmen du Kalahari et appelle le gouvernement français à intercéder en leur faveur pour qu'ils puissent retourner vivre en paix sur leurs terres ancestrales.

Au cours de deux vagues d'expulsions en 1997 et 2002, le gouvernement du Botswana a chassé la plupart des Bushmen de leur territoire ancestral dans la réserve naturelle du Kalahari central et les a parqués dans de lointains camps de relocalisation.

Après avoir gagné un procès historique au cours duquel leur expulsion a été jugée illégale par la Haute Cour du Botswana, les Bushmen avaient espéré pouvoir retourner dans leurs anciens villages.

Mais le gouvernement redouble d’efforts pour empêcher les Bushmen de rentrer chez eux. Il refuse notamment de les autoriser à pratiquer la chasse et à accéder à un puits situé à l'intérieur de la réserve, les obligeant à parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour se ravitailler en eau.
Dans le même temps, un projet de mine de diamants d’un coût de plus de 2,2 milliards de dollars a démarré dans la réserve. La mine aura accès à toute l'eau nécessaire à son fonctionnement.

Jean-Patrick Razon, directeur de Survival France, a déclaré  : "Les autorités botswanaises souhaitent donner une image plaisante et pacifique de leur pays, mais la réalité pour les Bushmen est très différente. Ils ne connaissent plus que la répression, l'intimidation et la persécution de la part d'un gouvernement qui semble déterminé à ne pas les laisser rentrer chez eux en dépit de la décision de sa propre justice. J'espère que la France n'oubliera pas les Bushmen lors de la visite de M. Mogae et qu'elle l'exhortera à les autoriser à à retourner sur leur territoire".

M. Festus Mogae doit notamment rencontrer Bernard Kouchner, membre du comité d'honneur de Survival France. Dans une lettre adressée aujourd'hui au ministre, Survival lui demande d'intervenir en faveur des Bushmen.
Une manifestation sera prochainement organisée pour soutenir les droits des Bushmen.

Rappelons que ces terres avaient été données aux Bushmen dans les années 60 parce qu'elles sont désertiques... Malheureusement pour les Bushmen, le sous-sol est riche de diamands...


Une langue indigène disparaît « toutes les deux semaines »

A l’occasion de la « Journée internationale de la langue maternelle » décrétée par l’Unesco le 21 février, Survival International rappelle qu’en moyenne une langue indigène s’éteint toutes les deux semaines.

Sur les 6 000 langues recensées dans le monde, 5 000 sont indigènes et la plupart de celles qui sont menacées d’extinction sont indigènes.

Les Indiens akuntsu, qui vivent dans le nord du Brésil, ont été contactés pour la première fois par une équipe gouvernementale en 1995. Massacrés par les éleveurs qui ont spolié leurs terres dans les années 1970 et 1980, leur groupe est aujourd’hui réduit à 6 individus. Personne d’autre qu’eux ne parle leur langue qui disparaîtra vraisemblablement avec ses derniers locuteurs.

Plus d’une centaine de peuples vivent encore de manière isolée dans le monde et leurs langues sont parmi les plus menacées. Survival estime que nombre d’entre eux risquent de disparaître d’ici vingt ans.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : « A chaque fois qu’un peuple disparaît et que sa langue meurt, ce sont un mode de vie et une manière de voir le monde qui disparaissent à tout jamais. Même minutieusement étudiée et transcrite, une langue sans locuteurs ne représente pas grand chose. Une langue n’est vivante que si son peuple est vivant et l’avenir des peuples qui demeurent aujourd’hui encore isolés dépend étroitement de la manière dont nous respecterons leur droit à choisir leur propre mode de vie ».

L’année 2008 a été proclamée « Année internationale des langues » par les Nations-Unies.